Vive la confiance

Facile à écrire. Facile à dire. Pas toujours facile à vivre et pourtant…

Que seraient nos vies sans cette petite flamme qui fait aller à l’avant? Courageuse, elle sait débusquer les peurs emmitouflées dans les replis confortables de l’immobilisme ou de la petite vie tranquille.

Humble confiance en soi d’abord qui permet d’accueillir, ses talents comme un don pour la vie à faire fructifier, sans se laisser paralyser par se limites, ses manques, ses échecs ou le regard de l’autre. Continuel combat de la lumière contre les ténèbres, d’où l’on ne sort vainqueur qu’en s’acceptant tel qu’on est. Sans succomber à la tentation du « paraître » qui enlève toute liberté et fait de l’homme une vitrine derrière laquelle se cache un vide destructeur.

Confiance en l’autre qui lui permet de grandir, de donner le meilleur de lui-même, en développant toutes ses potentialités. Confiance lucide qui, par-delà les obstacles, les risque, les peurs, voire les déceptions, laisse à la flamme sa clarté première. Certes, confiance bafouée parfois et qui peut laisser désemparé, souffrant, enfermé dans un scepticisme qui fait voir ses frères dans leurs vêtements les plus sombres. Mais où en serait notre foi aujourd’hui, notre confiance, si Jésus-Christ n’avait choisi comme apôtres que des gens bien à tous égards, doués, intelligents, sans aspérités dans les relations, des homme au profil élogieux, bref des « perles rares »?

Eh bien non, fin connaisseur de la pâte humaine dont il est lui-même pétri, le Christ a choisi des hommes ordinaires, façonnés d’ombres et de lumières, de réussites et d’échecs, capables de donner le meilleur comme le pire! Des hommes comme la majorité d’entre nous. Et à ces hommes, il a fait confiance jusqu’au bout comme Il nous fait confiance aujourd’hui, tout imparfaits que nous sommes. La parabole qui Le révèle le plus peut-être celle du Père prodigue d’amour. Les yeux usés de guetter l’horizon, il attend son Fils « pécheur » qui a dilapidé ses biens, ses talents en débauches multiples. Ce fils qui fait alors l’expérience au plus profond de son désarroi et du dégoût qu’il a de lui-même, de la force d’un amour qui se dit dans le silence de bras tendus!

Qu’elle est belle cette confiance que Dieu nous fait! Elle appelle sans cesse la nôtre à aller plus loin, à faire tomber les obstacles de tous genres, à risquer le « grand large » de l’aventure humaine et spirituelle. Ce Dieu infini de tendresse qui ne se lasse jamais de nous aimer tels que nous sommes, toujours « en devenir », « en chemin » , « en recherche » à travers les méandres de nos cœurs, ou les turbulences de nos vies.

Oui, vivons la confiance pour aujourd’hui et pour demain, à travers les évènements joyeux ou douloureux, la calme ou la tempête. Gardons aussi confiance en cette humanité blessée, meurtrie par les guerres, les injustices, les violences. L’arbre qui tombe fera toujours plus de bruit que la forêt qui pousse. Voyons les germes de vie et accueillons avec confiance cet Esprit d’Amour qui œuvre discrètement en nous, dans les autres, dans ce monde toujours à naître. Confiance qui donne toute sa clarté à notre regard et nous permet de voir les yeux de Dieu qui ne se lasse jamais de croire en l’homme.

Sœur Monique

 

 

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